B) Caractère héréditaire

Les effets héréditaires, quelle qu'en soit l'origine, sont dus à une mutation dans une cellule reproductrice, ovule chez la femme et spermatozoïdes de chez l'homme, suivi de la formation d'un œuf fécondé donnant naissance à un enfant porteur de la mutation. Parmi les mutations créées par les rayonnements, certains concernent des caractères "dominants " c'est à dire devant s'exprimer dès la première génération, même lorsqu'un seul géniteur est atteint, tandis que d'autres peuvent affecter des caractères " récessifs ", qui ne s'expriment que lorsqu'ils se trouvent en double dans la cellule de l'embryon. Autrement dit, les chromosomes étant par paires, dont l'un des éléments provient de la mère et l'autre du père, il faut qu'il y ait réunion fortuite de deux mutations portant sur des caractères se correspondant pour que l'anomalie devienne visible.

Une cellule mutée a une faible probabilité d'être fécondée. Par ailleurs, la viabilité de l'embryon est soumise naturellement à une forte sélection. La combinaison de ces deux systèmes de protection fait qu'un excès d'effets héréditaires radio induits n'a jamais été constaté, même dans des populations qui ont montré un excès de cancers comme chez les survivants des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki au Japon. Les  lésions causées par l’irradiation des organes de la reproduction (les gonades contenant les cellules germinales) peuvent entrainer deux types d’effets la mort cellulaire avec une diminution transitoire ou définitive de la fertilité, ou des mutations dans les cellules germinales pouvant  être transmise lors de la fécondation et se manifester en tant que désordre héréditaire chez les descendants de l’individu exposé. On sait que l’ ADN est essentiel pour le bon fonctionnement des cellules, c’est aussi la molécule qui constitue les chromosomes (détenteurs de l’information génétique) et donc qui détermine les allèles d’un individu et ainsi, son phénotype. Mais on sait aussi que les gènes sont transmis à la descendance par les spermatozoïdes et ovules lors de la fécondation. Ces cellules sont en fait celles qui donnent naissances aux cellules sexuelles. Pour que la maladie soit héréditaire il faut donc que des cellules germinales soient bombardées par des rayons ionisants, que les modifications génétiques apportées n’entrainent pas la mort de la cellule, qu’elle donne naissance à une cellule sexuelles, et enfin que cette cellule sexuelles soit fécondée pour finalement donner un enfant atteint de cette maladie.

 

Un siècle environ après le début de l’utilisation de la radioactivité, si on a observé des altérations de la fertilité chez des sujets irradiés à dose élevée (au-delà de 1gray pour l’homme et plus encore chez la femme), on n’a pas mis en évidence, dans l’espèce humaine, d’effets héréditaires dus aux rayonnements ionisants. Toutefois, le nombre de générations est peut-être encore trop faible pour permettre d’observer ces effets.

 

 

 

                                                                                                   

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